jill guillais
Concepts et poésies


Mon travail artistique, à la fois plastique, poétique et conceptuel, oscille entre sculpture, action, installation, vidéo, écriture et photographie. Il s’agit pour moi d’une exploration mouvante et langagière des potentialités de l’objet, de la banalité et des milieux dans lesquels je choisis de m’ancrer.

 

Diplômée de L’Ecole Supérieure d’Arts et Médias de Caen-Cherbourg (DNAP (Félicitations du jury, DNSEP (félicitaitons du jury)) et de la Brighton Faculty of Arts (Master of Fine arts (Merits and disctinctions)), je développe aujourd’hui une démarche empirique et conceptuelle dans laquelle les mots résonnent à vive allure.

 

Je m’engage dans une approche verticale de mon environnement immédiat et de ses composants à travers des dispositifs que je conçois, comme par exemple mes ancrages (pp.8-9) : D’un point A à un point B, je cherche le A’ (prime), c’est à dire que je peux m’arrêter sur le chemin, à n’importe quel moment, de façon à ce que mon lieu d’ancrage résulte au maximum d’une forme de non-choix qui impose un «faire avec», une adaptation. Je plante alors ma caméra sur trépied en un point X et je lance la vidéo sans aucun plan d’action. Et pourtant.

 

Mes dynamiques de recherche sont en constante évolution car c’est pour moi en forçant l’action que les concepts naissent. A la fois sémantiques, théoriques et plastiques, mes recherches sont volontiers ponctuées d’aléatoire, de hasard et de touches de sérendipité. Mon processus de travail accueille la sérendipité (p.53) comme un signe qui mérite de trouver ses raisons d’exister.

 

Finalement, je manipule ce sur quoi mon regard s’attarde : un mot, un schéma trop rangé (p.36), une fleur séchée (p.99).

 

J’explore l’existence d’éléments qui me sont proches et me mets en dialogue (pp.8-9 et partout tout autour) jusqu’à révéler leur porté insoupçonnée : vaporeuse, mystérieuse, symbolique, philosophique ou poétique. De l’intime à l’altérité.

 

Par des rencontres imprévues, des agencements qui troublent, je cherche à offrir au regard un univers dans lequel le point se prolonge pour retarder la fin. Mes ancrages se réinvestissent parfois dans des formes plastiques via la manipulation de échantillon, du végétal, d’images numériques ou d’objets trouvés. Une pièce de puzzle finit par se déshabiller sans pudeur (p.40).

Un cartel peine à s’écrire (p.28).

Les mercis sont en fleurs (ailleurs).

 

Canvas (p.64) est une pièce centrale de mon travail.

Évolutive et langagière, elle intervient comme une grille de lecture, une sorte de cartel pluriel, en amorce de toute exposition personnelle. Elle est une liste d’infinitifs à dimension aussi protocolaire que poétique, qui se lit habituellement à même le mur mais qui s’est ici «clairsemée» dans la mise en page. Ces infinitifs font parfois directement référence aux œuvres environnantes. D’autres fois, ils sont une manière de rendre présents des moments ou des productions essentielles à mon travail, restés rangés dans l’atelier ou simplement vécus à l’instant T.