"Oeuvre par oeuvre" par V.Masurier 1/2

September 18, 2017

#FLASHBACK2014

À propos de :

Fragments de ciels

 

Le ciel est un aplat. De nuances différentes selon les régions du monde ou les heures de la journée mais partout, il est un aplat. Sans déformation, sans sinuosité, inaltérable et insécable, infini et pure, pas difforme mais sans forme. Là où on fait ce que l’on veut du ciel, c’est lorsqu’on se le représente à notre échelle. Ici, le ciel est morcelé en puzzle en mettant à mal son unité essentiel. Ce morcellement est créateur d’une forme et cette manifestation porte le sens de l’œuvre. Celle-ci donne des lignes, un aspect anguleux à une chose qui intrinsèquement n’en a pas. L’impénétrable devient palpable. Dans la peinture à l’encre, le trait noir est d’importance égal avec le blanc qui l’entoure. La technique rend docile le vide. Si bien que l’unicité de la feuille blanche se révèle détenir toutes les formes possibles et imaginables. De l’unité naît le multiple. L’imagination taille dans ce que bon lui semble. Si elle peut être maîtresse d’erreur et de fausseté pour Pascal, elle est aussi un remède formidable au silence éternel des espaces infinis qui justement, l’effrayait tant. L’industrie humaine ne peut tout maîtriser, mais l’esprit humain avec sa sensibilité et son plaisir à l’imitation, avec l’art, a cette faculté d’appréhender tous les phénomènes sans leur assigner une quelconque explication. Ces morceaux de ciel(s) sont apaisants parce qu’ils sont des morceaux de tout. Diviser, une fois n’est pas coutume, c’est rassurer.

 

V.Masurier

 

 < Version audio. Texte lu par Jill Guillais.

 

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